Le Dit du Genji : suite et fin

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 lundi 18 janvier (chapitres 24 à 33)

lundi 15 février (chapitres 34 à 35)

lundi 15 mars (chapitres 36 à 43)

lundi 12 avril (chapitres 44 à 47)

lundi 10 mai (chapitres 48 à 50)

lundi 14 juin (chapitres 51 à 54)

Les séances ont lieu à 20h30 au local UNRPA, 33 cours Victor Hugo à Saujon

Note de lecture de JPW Livres 1 à 5

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Une première lecture il y a deux mois m’avait laissé une impression mitigée; de très beaux passages : l’idée de communiquer ses émotions, ses sentiments par poèmes est magnifique, mais j’avais accroché sur certains paragraphes vraiment très tarabiscotés et inutilement compliqués me semblait-il. Ce n’est pas tant l’absence de noms que les rapports entre les personnages que je n’avais pas  toujours trouvés évidents. J’ai relu récemment ces 5 chapitres,  et les choses se sont alors mises en place. Le Genji, grâce à sa beauté naturelle et à son sang royal multiplie les aventures amoureuses, et on aurait une impression de déjà lu si ces exploits amoureux n’étaient pas codés par de nombreux interdits – on communique par poèmes, on se parle par euphémismes, par silences entendus, par jeux sur les mots, (le même mot, yume, veut dire à la fois « rêve » et « faire l’amour ») et au travers de tentures et de rideaux, on déclare sa flamme par allusions, par référence aux poèmes passés – et décrits avec un sens de la périphrase, une utilisation de la musique, de la symbolique des fleurs et des saisons qui donnent à ces aventures, du moins à nos yeux de lecteurs occidentaux du XXIème siècle, une pudeur très érotique finalement.  

Cette écriture permet également un flou artistique non dénué d’humour autour de certaines situations, comme par exemple lorsque le Prince Radieux, à la fin du Livre 2, ne parvient pas à faire venir à lui sa conquête,   il dit alors au jeune frère de celle-ci « mais toi, du moins, ne m’abandonne pas ! Et il le fit s’étendre à ses côtés. L’enfant était heureux et flatté de cette juvénile aménité, et son maître, dit-on, le trouva d’autant plus charmant que la sœur était plus cruelle » Chaque lecteur, selon sa dose d’innocence, de perversité, d’imagination, pourra se faire sa religion sur cette scène.  

La lecture de ces 5 chapitres dans les traductions en anglais d’Edward G.Seidensticker ES (1976) et de Royall Tyler RT (2001) est très instructive. On sait que toute lecture de texte, ancien ou contemporain, dans sa langue maternelle ou dans une langue étrangère, est interprétation, mais cela saute encore davantage aux yeux à la lecture comparée des trois traductions. Cela ne porte pas à conséquence sur de simples problèmes de vocabulaire, lorsque René Sieffert (p.98) parle du Maître des Moines,  RT le traduit par le Révérend et ES par l’Evêque, mais il est plus intéressant de voir que quand Sieffert dit (p.100) : « Elle était de bonne naissance, d’une rare beauté, sans la moindre de trace de malice » cela devient « she was an elegant  child, and did not seem at all spoiled » chez ES (p.90) c’est-à-dire « c’était une enfant élégante, qui ne semblait pas du tout gâtée » et « she was of distinguished parentage, she was delightful, and she showed no distressing tendancy to talk back » (p.89 ) chez RT, c’est-à-dire «elle venait d’une famille illustre, elle était délicieuse, et elle ne faisait pas montre de cette détestable tendance à répondre ». 

Ces deux éditions en anglais offrent de nombreuses notes de bas de page, très détaillées, en particulier chez RT, ainsi que des illustrations, ornementales chez ES et explicatives chez RT. Des astérisques ne correspondant à rien laissent à penser, dans la traduction de René Sieffert,  que lui aussi allait commenter certains passages, mais qu’il n’en a pas eu le temps. (Sieffert est mort en 2004). Les astérisques de Sieffert ne correspondent pas toujours aux notes de deux traducteurs américains, qui elles-mêmes ne sont pas forcément aux mêmes endroits.  

Jean-Paul Wautier sept 09 

On peut consulter la traduction d’Edward G.Seidensticker sur le site suivant:

The Tale of Genji 1976 Seidensticker translation

Le Dit du Genji : présentation et calendrier

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jpg_9782903656379_img.jpgLe traducteur du roman, René Sieffert, écrit dans l’Encyclopædia Universalis (article: Japon-littérature) que le Dit du Genji (Genji monogatari) est «l’un des quatre ou cinq chefs-d’œuvre de la littérature romanesque de tous les pays et de tous les temps.» Il ajoute ensuite: «Par sa perfection sans faille, le Genji monogatari s’était d’emblée imposé à l’admiration de tous. Et pendant des siècles l’unique ambition des écrivains japonais allait être, sinon d’égaler, du moins d’approcher, ne fût-ce que par la forme, ce chef-d’œuvre inimitable: aujourd’hui encore, il semble bien que le plus grand éloge qu’un romancier puisse espérer de la critique est de voir comparer son œuvre au Dit de dame Murasaki.» Par ailleurs, le même René Sieffert commence un autre article de l’Encyclopædia Universalis (celui consacré à Murasaki Shikibu) par ces lignes: «Dame d’honneur à la cour Heiankyo (Kyoto) dans les premières années du XIe siècle, Murasaki Shikibu est l’auteur du Genji monogatari, œuvre capitale de la littérature romanesque du Japon. Toute la société courtoise du temps revit dans cette fresque monumentale qui n’a guère d’équivalent en Occident avant le XIXe siècle. L’acuité de l’analyse psychologique fait si bien oublier la distance dans le temps et dans l’espace qu’en dépit de la différence des mœurs et des usages, le lecteur moderne n’en retient qu’une surprenante impression de vérité humaine universelle.»

Dates des réunions

- lundi 21 septembre (chapitres 1 à 5)

- lundi 19 octobre (chapitres 6 à 10)

- lundi 23 novembre (chapitres 11 à 17)

- lundi 14 décembre (chapitres 18 à 23)

Les séances ont lieu à 20h30 au local UNRPA, 33 cours Victor Hugo à Saujon.